Bridault Solutions : Ou comment bâtir une reprise d’entreprise


Reprendre une entreprise : « un travail à temps plein » résume Didier Reffet lorsqu’il évoque son aventure menée conjointement avec un condisciple de l’Ecole Centrale de Paris et ami de longue date. Deux ans et demi de recherches, d’études approfondies de dossiers, de négociations acharnées… et de coups durs : entreprises surcotées, rétractation du vendeur en fin de parcours,… « mon bagage scolaire était loin d’être un avantage » insiste-t-il. « Face à des chefs d’entreprise généralement autodidactes, mon profil était souvent jugé avec circonspection. Il me fallait être persuasif pour leur démontrer mes qualités d’homme de terrain, indispensables pour diriger une PME ». Des qualités que Didier Reffet n’a pourtant cessé de développer tout au long de sa carrière, passée pour l’essentiel à gérer des sites opérationnels au sein d’un groupe international, avant de devenir DG. Jusqu’à ce que, las des jeux politiques internes, il ne se décide à devenir son propre patron. En l’occurrence des établissements Bridault Solutions, du nom de leur fondateur. Une entreprise d’une cinquantaine de salariés, spécialiste de l’enveloppe du bâtiment et ayant pour clients des grands comptes industriels tels que Roquette, Arcelor Mittal ou la SNCF. « Nous leur proposons un ensemble de solutions techniques sur les 5 façades (les 4 murs et le toit) : isolation, couverture, bardage, étanchéité et habillage du bâtiment ». Ce dernier élément n’étant d’ailleurs pas à sous-estimer comme le confirme Didier Reffet : « nous sommes sortis de ce contexte "c’est industriel donc ça doit être moche". Nos clients sont de plus en plus soucieux de l’esthétique. C’est une question d’image ». Plus généralement, les clients de l’entreprise s’avèrent d’ailleurs être très sensibles au maintien de la qualité de leur patrimoine bâti et ouverts aux nouvelles technologies, souvent plus onéreuses à l’achat mais plus rentables à moyen terme. Des nouvelles technologies qui constituent justement le cœur de métier de la société et qui ont plu au repreneur : « un vrai savoir-faire technique, la conception et l’exécution de solutions, le niveau de satisfaction des anciens clients, en termes tant de fiabilité que de respect des délais ».

Sur toutes ces questions, l’entreprise se veut d’ailleurs force de propositions. Elle est ainsi la seule, au niveau « Master Contractor », au nord de Paris pour l’installation de membranes en EPDM, un revêtement alternatif au bitume traditionnellement utilisé pour assurer l’étanchéité du toit. Ce matériau chimiquement inerte résiste parfaitement aux UV, au temps et aux contraintes mécaniques (compatibilité avec tous les supports). Recommandé par Greenpeace, il ne nécessite en outre aucun entretien et sa durée de vie trois fois supérieure aux matériaux classiques la rend très rentable. Autre exemple : l’installation de toitures photovoltaïques industrielles, activité pour laquelle l’entreprise travaille souvent avec EDF Optimal Solutions. « C’est une technologie de plus au sein de nos métiers. Mais sans une étanchéité et un toit parfaitement réalisés, la production photovoltaïque risque de devenir secondaire » plaisante Didier Reffet. « Notre métier évolue et c’est pourquoi nous proposons des solutions complémentaires et compétitives avec cette volonté d’être un appui stratégique dans les démarches de nos clients ». Ce qui explique pourquoi la société est également apte à réaliser des prestations dans le domaine du désamiantage, des éco-matériaux ou des toitures végétalisées. Une illustration ? Le chantier Microbox à Bondues où l’entreprise a installé plus de 2000 m² de nappe photovoltaïque sur une terrasse de 4000 m², et ré-isolé le bâtiment pour le cabinet Coppe afin d’en faire un bâtiment passif.

Ce potentiel, Didier Reffet a d’ailleurs l’intention de le faire fructifier. « C’est bien d’avoir le savoir-faire mais encore faut-il le faire savoir ». Pas avare en jeux de mots qui font mouche, l’entrepreneur compte bien d’ici 15 ans multiplier par 7 son chiffre d’affaires en profitant des opportunités : durcissement des réglementations thermiques, promotion des énergies renouvelables,… « L’entreprise peut d’ores et déjà assurer une croissance d’activité de 25% sans nuire à la qualité » affirme confiant Didier Reffet. Une ambition qui a convaincu Finorpa de le suivre dans son projet comme le confirme Laurent Plottet, chargé d’affaires au sein du groupe financier : « nous avons apprécié son profil conquérant. Il ne se contentera pas de gérer l’entreprise mais il a la volonté de la faire évoluer. Il ne s’agit pas d’une opération financière mais d’un vrai projet industriel ». Un investissement de 500 000 euros en fonds propres a donc été consenti en avril 2009, au moment du rachat effectif de l’entreprise. « Finorpa a été un vrai appui auprès des banques pour la crédibilité du business plan. Leur grande expérience des PME, leur connaissance du tissu régional, leur approche qui dépasse le financier puisqu’ils s’intéressent au potentiel de l’entreprise, ont été de solides atouts. Ce sont des partenaires équilibrés et raisonnables » conclut Didier Reffet. Avec qui peut-être s’associer dans l’avenir puisqu’il envisage déjà mener des opérations de croissance externe.

En savoir plus : www.bridault-solutions.com

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